| ISD, FONT CHAUVIN 2004 (posté par francois le 05.07.2007) |
ARCHEOLOGIE MEDIEVALE L’ISLE D’ESPAGNAC (Charente). La Font Chauvin, 2ème campagne de fouilles. ( Coordonnées Lambert : X = 432,560 Y = 2075,085 ) Les Données de l’Intervention Archéologique : La seconde campagne réalisée sur le site de la Font Chauvin à l’Isle d’Espagnac a repris l’étude de la fosse monumentale qui fut dégagée en 2003. La zone fouillée s’étendait sur une surface de 35m² entre le bassin du lavoir et l’aqueduc. Les Vestiges de la Fosse Monumentale et ses Occupations successives : Les sondages pratiqués au cours de ces deux années révélèrent des vestiges indiquant une occupation humaine ininterrompue depuis la préhistoire. Un Mégalithe Indéterminé : Plusieurs blocs qui affleuraient en surface furent mis à jour au fond de la fosse .Le dégagement d’un monolithe, fit apparaître d’autres blocs encastrés sous une grande dalle, découverte lors de l’opération 2003, posée verticalement et percée d’un trou circulaire. Trois de ces blocs portent les traces d’un travail humain Reposant à une profondeur de 1,50m, ces pierres en calcaire local occupaient leur place d’origine en position renversée. Elle délimitaient une aire à peu près carrée et deux grands blocs occupaient les angles SO et NE. Cette structure mégalithique très perturbée, semble être matérialisée par cinq dalles de dimensions et de grosseurs inégales. Un Ouvrage Hydraulique Gallo-romain: Soupçonnée lors de la campagne 2003 la présence gallo-romaine s’est affirmée au cours des sondages 2004. Malgré les profonds bouleversements intervenus sur le site au cours des siècles il a été reconnu un pavage situé près de la source, un monument hydraulique toujours en cours de dégagement, et de nombreux éléments de construction « opus mixtum ». Le monument hydraulique gallo-romain est matérialisé par la grande dalle trouée citée précédemment. Celle-ci reposait sur les orthostates du mégalithe renversé. Utilisés en remploi ils servaient d’assise au monument antique. Un mortier de tuileaux fut employé pour sceller les blocs entre eux. La dalle de cet ouvrage montrait un trou ou oeil percé dans l’épaisseur de la pierre. A l’intérieur de la fosse, la surface de la roche bordant cet orifice, portait une collerette ou un boudin circulaire. Vers l’extérieur, l’autre face ne portait aucune trace de travail. Les traces d’outils apparaissent nettement dans le conduit. Nous pensons que l’artisan a commencé son percement par la face ornée du boudin. Sur celle-ci la bouche béante est plus large, de plus le conduit se rétrécit et enfin la finition est plus marquée sur la face sculptée. L’autre coté montre une certaine irrégularité et la roche est éclatée sur la partie plane. L’Extension Médiévale au Monument Gallo-romain : Elle consiste en un lit de pierres plates posée sur le coté sud de la fosse entre le bassin du lavoir et la dalle trouée. Large d’environ 2m sur 0,60m de profondeur, il était constitué de pierres inégales. Cet étage formait un sol pavé reposant dans une couche d’argile bleuâtre au-dessus du niveau gallo-romain. Trois blocs encadraient la dalle trouée, deux au nord, un au sud. Au nord ils prolongeaient l’ouvrage gallo-romain et venaient buter contre l’aqueduc. Au sud le bloc est décalé selon un angle rentrant de 30°. Cet élément porte une large entaille verticale qui touche la dalle trouée. Il est possible que cet espace vide entrait dans le principe de fonctionnement du nouvel agencement hydraulique médiéval. Le Réseau Hydraulique du XXème siècle : Au XXème siècle l’autre extrémité du bloc sud fut mutilée pour la pose d’un réseau d’adduction d’eau secondaire acheminant l’eau dans un tuyau de porcelaine blanche. Cette conduite semble se diriger vers un regard situé à 16,20m de longueur à l’autre extrémité de l’aqueduc. Culte et Dévotions à la Font Chauvin : Toutes les civilisations ont été fascinées par le mystère des eaux qui surgissent des entrailles de la terre et la Font Chauvin n’échappa pas au phénomène. Symbole de fécondité et de vie, l’eau, tout comme les arbres les rochers et les mégalithes, fera l’objet d’une grande vénération. L’antiquité perpétuera les traditions. Le mobilier ramassé dans la fosse monumentale, épingles de coiffes, bijoux, monnaies, fers à chevaux parle en ce sens. En christianisant ce lieu de culte païen, l’église le plaça sous le vocable d’un saint. Elle dressa à proximité de la source deux croix, la Croix de Chez Chauvin et la Croix de la Grande Versenne. Ces deux croix, distantes d’une centaine de mètres l’une de l’autre étaient les anciennes stations d’un chemin de procession où l’on s’arrêtait pour prier ou réciter des psaumes. C’est certainement pour ces raisons que l’église consacra le lieu et dressa les croix. Elle déposa probablement la statue de Saint Roch patron des lépreux, protecteur des animaux et invoqué par les femmes et les jeunes filles en mal de fécondité. La Font Chauvin passa par toutes ces étapes cultuelles depuis la préhistoire. Nous avons retrouvé plusieurs monuments appartenant à ces périodes et cela nous incitent à penser que le lieu fit probablement l’objet d’une attention toute particulière de la part des civilisations qui visitèrent le site. Peut être la campagne 2005 nous apportera t-elle de nouveau éléments qui nous apporteront de nouveaux enseignements. ( Responsable de la fouille : Daniel Bernardin, Alain Texier, Bernard Fabre, Emmanuelle Faure-Gignoux ). |
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| Planche N°1 (posté par francois le 05.07.2007) |
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